Le changement climatique nous confronte de plus en plus souvent à des inondations et à de longues périodes de sécheresse. L’agriculture en souffre beaucoup. Il est urgent de prendre des mesures sur le terrain. C’est pourquoi les partenaires de l’Open Ruimte Platform ont lancé en 2017 un appel pour le programme Water+Land+Schap. Ce programme a pour objectif d’identifier les besoins urgents liés à la gestion de l’eau dans les zones agraires et, en collaboration avec les agriculteurs, les gestionnaires de l’eau, les propriétaires fonciers, les associations nature et les pouvoirs publics locaux, de trouver des solutions win-win adéquates pour une agriculture saine, un système hydrique durable et un paysage robuste.

L’appel a recueilli plus de quarante propositions d’initiatives permettant de s’attaquer très concrètement à la problématique de l’eau. Nous avons retenu quatorze de ces projets. Les ministres flamands de l’Environnement, de la Nature et de l’Agriculture Joke Schauvliege et Koen Van den Heuvel ont dégagé un budget de 818 500 euros pour la première série de projets de démonstration. Ces subsides permettent aux partenaires locaux de tester en plein changement climatique de nouvelles solutions de gestion de l’eau, en collaboration avec les agriculteurs et les propriétaires fonciers. Les premiers coups de pelle seront donnés à partir de 2020. Certains projets portent sur pas moins de dix ans, voire plus.

 

Avec le programme Water+Land+Schap, nous ambitionnons de multiplier les réalisations concrètes sur le terrain. En collaboration avec les services flamands, les institutions détentrices de savoir et les acteurs locaux, nous voulons aboutir à des solutions réalistes en apprenant sur le tas. Nous intervenons simultanément à de nombreux endroits. Nous abordons les thématiques de conception sous un angle systémique. Nous opérons de manière non seulement intégrale (quels sont tous les éléments à prendre en compte ?) mais aussi intégrée (comment tout cela s’organise-t-il dans l’espace ?). Le défi consiste à trouver un équilibre entre les transformations pragmatiques à court terme et les ambitieux projets à long terme visant à s’adapter au climat. Ce programme embrasse la complexité et rassemble trois grandes thématiques.

 

L’eau

L’eau est un des défis d’avenir les plus importants et les plus complexes. Les scénarios climatiques pour la Flandre prévoient une augmentation du volume des précipitations, principalement en hiver. En revanche, les mois d’été devraient connaître des épisodes de sécheresse de plus en plus longs. On peut d’ores et déjà constater cette évolution. On connaît la suite : inondations tant des zones urbaines que rurales, pollution de l’eau et des sols, baisse du niveau des nappes phréatiques, dépérissement de la faune et de la flore par manque d’eau et, à certains endroits tels que les polders, salinisation de l’eau en surface et du sol. Les inondations, les pénuries d’eau et la pollution de l’eau ont un impact socio-économique énorme. Comment nous en prémunir à plus long terme ?

 

Les sols et l’agriculture

L’agriculture est sans doute la première à être touchée – et le plus durement – par tous ces changements. Si l’eau est indispensable à l’agriculture, on constate que souvent, les méthodes agricoles actuelles contribuent à la baisse de la qualité de l’eau, notamment à cause des élevages intensifs et du recours aux engrais chimiques et aux pesticides. Mais d’autres solutions existent. Les agriculteurs sont en effet les ultimes et indispensables gardiens de l’espace ouvert, et fournisseurs des nombreux écosystèmes qui préservent l’équilibre de notre milieu de vie. Dans le programme Water+Land+Schap, nous voulons établir des mesures orientées solution que nous testons dans le cadre de la réalité économique des agriculteurs.

 

Les sols et le paysage

Pour nous, le paysage n’est pas une simple « carte postale pittoresque », mais la composante spatiale et systémique qui réunit l’eau, l’agriculture, la nature, le patrimoine et l’urbanité. Faisant partie de l’Eurodelta Meuse, Escaut et Rhin, la Flandre compte parmi les régions les plus fertiles de la planète. Ce paysage composé d’un réseau dense de rivières et de fleuves relie une zone agricole diversifiée à d’importants biotopes naturels. Il est aussi un environnement dynamique qui subvient déjà depuis des siècles aux besoins de ses habitants : sols fertiles pour une production alimentaire vitale, biodiversité et nature riches, réserves d’eau et approvisionnement en eau potable, économie durable et florissante, transports, production d’énergie, etc. En d’autres termes, depuis toujours, le réseau hydrographique conditionne les autres développements. Le programme Water+Land+Schap veut mettre en œuvre des transformations intégrées à partir d’une combinaison de capacités liées à la conception paysagère et à l’expertise technique en relation avec l’eau, l’agriculture et la nature.

 

Eau et paysage

Un programme d’une telle complexité ne peut réussir qu’au prix d’une interaction intense entre les différents domaines de connaissance, les acteurs locaux ainsi que les pouvoirs publics et services flamands. Les quatorze coalitions ne sont pas des projets isolés opérant indépendamment les uns des autres. L’objectif est au contraire que chacun des projets tire des enseignements de ce qui s’est passé dans les autres projets. Ensemble, tous ces projets sont représentatifs de la manière dont nous pouvons, à l’échelle de la société, nous armer pour relever les défis climatologiques de demain. Nous voulons traduire et diffuser de manière suffisamment accessible le savoir et l’expérience acquis pour que des coalitions similaires puissent se développer de manière optimale sur ces bases. Les quatorze projets sont les germes d’une multiplication bien plus vaste sur le territoire flamand.

 

L’équipe du programme Water+Land+Schap rassemble les acteurs suivants : Vlaamse Landmaatschappij (VLM) (Agence flamande pour la Terre), Architecture Workroom Brussels, Vlaamse Milieumaatschappij (VMM) (Agence flamande pour l’Environnement), Instituut voor Landbouw-, Visserij- en Voedingsonderzoek (ILVO) (Institut pour l’Agriculture, la Pêche et la Recherche alimentaire), Departement Landbouw en Visserij (Département de l’Agriculture et de la Pêche), Departement Omgeving (Département de l’Environnement), Agentschap voor Natuur en Bos (ANB) (Agence pour la Nature et la Forêt), Vlaamse Instelling voor Technologisch Onderzoek (VITO) (Institut flamand de recherche technologique) et Vlaams Kenniscentrum Water (VLAKWA) (Centre flamand de connaissance sur l’eau).

Ensemble, les quatorze projets rassemblent les connaissances du terrain et l’expertise d’un très grand nombre d’acteurs locaux présents partout en Flandre. 5 provinces, 26 services provinciaux, 41 communes, 8 départements Natuurpunt, 9 Paysages régionaux, 4 centres agricoles expérimentaux, 3 compagnies des eaux, 1 Wateringue et quelques mouvements citoyens y participent.

Le soutien du point de vue du contenu des projets d’aménagement du territoire est entre les mains d’une équipe composée du « do-and-think-tank » Architecture Workroom Brussels, des concepteurs paysagistes Bosch-Slabbers et LAMA landscape architects, et des instituts de recherche ILVO et VITO.

Type: Programmme

Année: 2017-2019

Partenaires: Vlaamse Landmaatschappij (VLM), Architecture Workroom Brussels, de Vlaamse Milieumaatschappij (VMM), het Instituut voor Landbouw-, Visserij-, en Voedingsonderzoek (ILVO), het Departement Landbouw en Visserij, het Departement Omgeving, het Agentschap voor Natuur en Bos (ANB), de Vlaamse Instelling voor Technologisch Onderzoek (VITO) en het Vlaams Kenniscentrum Water (VLAKWA)

EN FR NL
WORKROOM

Depuis 2010, Architecture Workroom Brussels se consacre à l'avenir de nos territoires. L'organisation a vu le jour comme un tiers-lieu qui plaçait à l'agenda le lien entre l'espace et les transitions sociales et sociétales, afin de soutenir une pratique de conception, une maîtrise d'ouvrage et une culture du bâti adaptées aux défis à venir.

Il est désormais clair que la transformation de nos rues, de nos quartiers et de nos paysages est une condition et un levier pour atteindre les objectifs sociétaux de manière intégrée. Pourtant, on constate que ces transformations restent difficiles à imaginer et à mettre en œuvre. Elles touchent tant de domaines et d'acteurs que la responsabilité incombe à tout le monde - et donc, en fin de compte, à personne.

C'est pourquoi nous choisissons de créer l'espace qui permet de les relier. Et cette mission renouvelée s'accompagne d'un nouveau nom : WORKROOM, Maison de la transformation. WORKROOM est la maison partagée où l'avenir de notre environnement est non seulement imaginé, mais aussi organisé.

Nous prenons aujourd'hui les devants sur trois transformations sociétales:

  • MAISONS DU BIEN COMMUN - D'ici 2030, des acteurs des secteurs de la jeunesse, de la culture, du sport, des soins et de l'enseignement uniront leurs forces pour créer des lieux au service du bien commun, qui s'attaquent structurellement à la solitude, et à la fragmentation et la pression sur les infrastructures publiques.
  • QUARTIERS SANS ÉNERGIES FOSSILES - D'ici 2030, au moins dix quartiers mettront en œuvre la transition d'énergie de manière inclusive et abordable, en vue d'une sortie totale des énergies fossiles d'ici 2040.
  • PAYSAGES-ÉPONGE - D'ici 2030, nous réaliserons les objectifs en matière d'eau, d'agriculture et de nature selon une approche cohérente à l'échelle du bassin versant, au sein de laquelle de solides coalitions territoriales renforceront collectivement la capacité-éponge du paysage.

Afin de réaliser ces transformations, WORKROOM travaille aux côtés des pionnier·e·s parmi les concepteur·trice·s, les pouvoirs publics, les organisations et les entreprises, les administrations, les institutions de connaissance et les investisseurs à impact.

Par la conception co-créative, nous imaginons des chemins d'avenir partagés à travers des expositions, des publications, des trajectoires d'innovation et des programmes publics. Ils forment les 'workrooms' où nous connectons les acteurs qui ont les clefs en main pour concrétiser ces transformations. De là, nous mettons en place les conditions pour une appropriation collective ainsi que les modèles organisationnels, de financement et de gouvernance qui mènent à un changement réel.

Le nom est plus simple. L'engagement plus grand. WORKROOM est la maison partagée où nous portons les transformations socio-spatiales que personne ne peut réaliser seul. En temps de polarisation, de cloisonnement et d'instabilité, c'est peut-être la chose la plus radicale que nous puissions faire.