Nos étés sont de plus en plus marqués par de longues périodes de sécheresse. Un phénomène qui ne fera que s’intensifier avec le changement climatique. Ainsi, en 2100, nous connaîtrons en moyenne 64 jours de sécheresse – contre 18 jours à l’heure actuelle. Comment garantir une quantité suffisante d’eau, aujourd’hui comme demain, pour surmonter ces périodes de sécheresse ? Afin de répondre à cette question, en 2019, le programme Proeftuinen Droogte (jardins expérimentaux contre la sécheresse) a été mis en place au sein de la Plateforme Espace Ouvert. À la suite de quatre appels à projets lancés entre 2019 et 2022, 31 jardins expérimentaux ont reçu des subsides de l’Agence flamande de l’environnement (VMM) en vue de tester de nouvelles formes de collaboration et des techniques innovantes en matière de collecte, de stockage et de réutilisation de l’eau. Ces jardins expérimentaux permettront de tirer des enseignements qui seront ensuite partagés pour susciter un changement plus large.

La raréfaction croissante de l’eau a un impact considérable sur notre société. L’assèchement des sols pèse sur les récoltes des producteurs et des productrices. Les processus des entreprises gourmandes en eau sont compromis lorsque leurs réserves diminuent. Les rivières et les ruisseaux s’assèchent et la qualité de l’eau diminue considérablement, ce qui a des conséquences négatives sur la biodiversité. Dans l’espace bâti, la chaleur augmente en raison du manque d’eau. Parallèlement, les mois les plus humides de l’année sont marqués par de fortes précipitations, entraînant souvent des inondations. Dans ces circonstances, il est difficile de s’imaginer que l’on manquera cruellement d’eau en été...

Le programme « Proeftuinen Droogte » (jardins expérimentaux contre la sécheresse, en français) a été créé en vue de répondre à cette problématique. Comment pouvons-nous recueillir, retenir et réutiliser davantage d’eau collectivement afin de disposer d’une réserve plus importante en cas de sécheresse ? Est-il possible d’équilibrer l’offre et la demande à long terme ? Pour ce faire, il est nécessaire de mettre en place des projets pour imaginer des méthodes et des collaborations innovantes autour de la question de l’eau. Grâce aux quatre appels lancés au cours de la période 2019-2022, le programme Proeftuinen Droogte a cherché à encourager de nouveaux partenariats entre des producteur·rices, des entreprises, des promoteurs et des parties prenantes du secteur public qui acceptent de voir au-delà de leurs réalités et de s’échanger de l’eau, souvent grâce à des techniques novatrices. Les jardins expérimentaux sélectionnés par le jury ont ensuite reçu des subsides de l’Agence flamande de l’environnement (VMM) pour mettre en œuvre leur projet.

Actuellement, 31 jardins expérimentaux sont pleinement engagés dans cette expérience. Ceux-ci sont regroupés en fonction de leurs objectifs – allant de la collecte et de la redistribution des eaux de pluie au traitement et à l’utilisation des eaux de process et des eaux usées. D’autres projets cherchent quant à eux des moyens de gérer l’eau de manière durable dans de nouveaux quartiers résidentiels ou d’utiliser l’eau excédentaire pour l’agriculture et l’horticulture. Le programme examine également des façons d’exploiter les eaux usées traitées par les stations d’épuration. Enfin, plusieurs terrains de sport sont à la recherche de méthodes d’irrigation durables.

Les jardins expérimentaux sont des pionniers visant à inspirer un changement plus large. Les moments d’échange, les visites sur le terrain et les rapports semestriels permettent de collecter des informations et de partager les leçons tirées des obstacles et des opportunités que rencontrent les projets. Les jardins expérimentaux sont des lieux d’entraide, mais ils servent également de source d’inspiration à de nouvelles initiatives ou d’exemples pour susciter des modifications en matière de politique. 

Dans le cadre de son rôle au sein de la Plateforme Espace Ouvert, Architecture Workroom Brussels a participé à la création du programme Proeftuinen Droogte. Nous avons contribué à l’élaboration des lignes directrices des appels et supervisé la sélection des projets soumis. Ce travail a été réalisé en collaboration avec l’équipe du programme, composée de l’Agence flamande de l’environnement (VMM), de l’Agence flamande terrienne (VLM), du Département de l’environnement, de l’Agence flamande pour l’Innovation et l’Entrepreneuriat (Vlaio) et de la Société flamande de participation (PMV). Nous avons également rassemblé les jardins expérimentaux dans des groupes thématiques, tiré de multiples leçons, identifié les opportunités et les obstacles des projets et participé à l’organisation des moments de partage de connaissances. 

Type: Programme 

Année: 2019 - …

Initiative: Agence flamande de l’environnement (Vlaamse Milieumaatschappij)

Partenaires: Agence flamande pour la terre (Vlaamse Landmaatschappij), Département de l’environnement (Departement Omgeving), Agence de l’innovation et de l’entreprenariat (Agentschap Innoveren en Ondernemen), Société participante de Flandre (Participatiemaatschappij Vlaanderen)

Website VLM

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WORKROOM

Depuis 2010, Architecture Workroom Brussels se consacre à l'avenir de nos territoires. L'organisation a vu le jour comme un tiers-lieu qui plaçait à l'agenda le lien entre l'espace et les transitions sociales et sociétales, afin de soutenir une pratique de conception, une maîtrise d'ouvrage et une culture du bâti adaptées aux défis à venir.

Il est désormais clair que la transformation de nos rues, de nos quartiers et de nos paysages est une condition et un levier pour atteindre les objectifs sociétaux de manière intégrée. Pourtant, on constate que ces transformations restent difficiles à imaginer et à mettre en œuvre. Elles touchent tant de domaines et d'acteurs que la responsabilité incombe à tout le monde - et donc, en fin de compte, à personne.

C'est pourquoi nous choisissons de créer l'espace qui permet de les relier. Et cette mission renouvelée s'accompagne d'un nouveau nom : WORKROOM, Maison de la transformation. WORKROOM est la maison partagée où l'avenir de notre environnement est non seulement imaginé, mais aussi organisé.

Nous prenons aujourd'hui les devants sur trois transformations sociétales:

  • MAISONS DU BIEN COMMUN - D'ici 2030, des acteurs des secteurs de la jeunesse, de la culture, du sport, des soins et de l'enseignement uniront leurs forces pour créer des lieux au service du bien commun, qui s'attaquent structurellement à la solitude, et à la fragmentation et la pression sur les infrastructures publiques.
  • QUARTIERS SANS ÉNERGIES FOSSILES - D'ici 2030, au moins dix quartiers mettront en œuvre la transition d'énergie de manière inclusive et abordable, en vue d'une sortie totale des énergies fossiles d'ici 2040.
  • PAYSAGES-ÉPONGE - D'ici 2030, nous réaliserons les objectifs en matière d'eau, d'agriculture et de nature selon une approche cohérente à l'échelle du bassin versant, au sein de laquelle de solides coalitions territoriales renforceront collectivement la capacité-éponge du paysage.

Afin de réaliser ces transformations, WORKROOM travaille aux côtés des pionnier·e·s parmi les concepteur·trice·s, les pouvoirs publics, les organisations et les entreprises, les administrations, les institutions de connaissance et les investisseurs à impact.

Par la conception co-créative, nous imaginons des chemins d'avenir partagés à travers des expositions, des publications, des trajectoires d'innovation et des programmes publics. Ils forment les 'workrooms' où nous connectons les acteurs qui ont les clefs en main pour concrétiser ces transformations. De là, nous mettons en place les conditions pour une appropriation collective ainsi que les modèles organisationnels, de financement et de gouvernance qui mènent à un changement réel.

Le nom est plus simple. L'engagement plus grand. WORKROOM est la maison partagée où nous portons les transformations socio-spatiales que personne ne peut réaliser seul. En temps de polarisation, de cloisonnement et d'instabilité, c'est peut-être la chose la plus radicale que nous puissions faire.