La Flandre fait partie du peloton de tête en matière de surfaces imperméables en Europe, avec une augmentation de la surface pavée de 14,2 % en 2013 à 15,5 % en 2021. L’impact social d’une telle surface pavée est considérable. Nous faisons face à un risque accru d’inondations, à une infiltration insuffisante de l’eau, à des problèmes de chaleur, à une diminution du stockage du CO2 par les plantes et le sol, et à une perte de biodiversité. Nous œuvrons en faveur de la déminéralisation, à travers laquelle le béton, l’asphalte et les bâtiments cèdent la place à davantage de verdure et d’eau ainsi qu’à un environnement durable. De 2018 à 2021, deux générations de l’appel à projets « Proeftuinen Ontharding » (littéralement, « Jardins expérimentaux Élimination des surfaces imperméables ») ont été mises en place dans toute la Flandre, dans le cadre de la plateforme Open Ruimte (Espace Ouvert). À travers ceux-ci, les parties à l’initiative de la déminéralisation reçoivent un soutien pour réaménager qualitativement l’espace pavé existant. Nous avons rassemblé toutes les connaissances utiles dans un manuel sur la déminéralisation et poursuivons ainsi cette vague de déminéralisation.

La Flandre doit se déminéraliser plus rapidement. Pour ce faire, nous devons faire plus avec moins : ne pas empiéter sur les espaces ouverts et non bâtis, mais transformer les espaces utilisés. Grâce à la déminéralisation, nous créons plus d’espace pour l’eau et la verdure, ce qui augmente la biodiversité, améliore la qualité de l’air et réduit la chaleur en été. En outre, la déminéralisation peut assurer un sol plus sain, ce qui représente plus d’espace pour les cultures. Nous rendons ainsi le cadre de vie beaucoup plus agréable.

Lors du premier forum sur la déminéralisation en 2018, nous avons créé une dynamique en faveur de celle-ci. Cependant, une approche solide faisait encore défaut, avec un cadre de planification clair et des logiques économiques, juridiques et financières appropriées. Nous ne pourrons les établir qu’en procédant à des essais sur le terrain, en apprenant par la pratique. C’est pourquoi, la même année, le Département Environnement a lancé une première série de Proeftuinen Ontharding : un processus d’apprentissage pour la déminéralisation locale et le changement de politique, grâce à une interaction entre le Département Environnement et les parties prenantes locales initiatrices d’actions de déminéralisation : les autorités locales, les écoles, les mouvements citoyens et d’autres organisations.

Plus de 300 propositions ont été soumises, à la suite desquelles 22 proeftuinen ont été créés. Il s’agissait de projets à gains rapides, parmi lesquels la réalisation d’un espace vert ludique, des projets de création de coalitions, tels que l’émergence d’un mouvement citoyen brisant les dalles, et des projets de déminéralisation systémique, tels qu’une étude sur les espaces déminéralisés et les espaces pavés dans les zones d’activités. Les parties à l’initiative de ces projets ont reçu du soutien sous la forme de subventions et d’un accompagnement de projet, afin de réduire les portions de l’espace pavé et de rendre les espaces ainsi libérés qualitatifs. Le processus a abouti à une déminéralisation concrète sur le terrain, mais aussi à l’acquisition et au partage de connaissances sur la manière de déminéraliser : des questions de processus et de conception à la communication et à la participation, en passant par les questions juridiques et financières et le contrôle de la qualité. 

En 2019, le Département Environnement a lancé un deuxième appel à projets Proeftuinen Ontharding. Ce dernier s’est appuyé sur le précédent, mais s’est concentré sur trois objectifs thématiques : des environnements scolaires de meilleure qualité, plus d’espace pour l’eau et plus de mobilité avec une diminution des routes. Vingt-deux autres proeftuinen sont venus renforcer la vague de déminéralisation.

Dans ce processus, Architecture Workroom a pris en charge la coordination du contenu dans les deux projets, en travaillant en étroite collaboration avec le Département Environnement, cinq accompagnateurs et accompagnatrices de projet et des spécialistes du droit, des finances et de la communication. Chacune des initiatives a été associées à un accompagnateur ou une accompagnatrice de projet. Les journées d’accompagnement ont permis de créer un vaste environnement pédagogique où les proeftuinen ont appris les uns des autres en fonction de différents thèmes : type de projet, emplacement, approche, réaménagement, cadres juridiques, etc. Lors de deux derniers forums sur la déminéralisation en 2020 et 2021, nous avons célébré les 44 proeftuinen et lancé le manuel sur la déminéralisation. Dans celui-ci, nous passons en revue trois années de projets de déminéralisation en collaboration avec les partenaires et les proeftuinen et tirons des conclusions concrètes pour les prochaines générations.

Depuis 2022, la vague de déminéralisation se poursuit grâce à l’appel à projets « Groenblauwe Dooradering in de Bebouwde Ruimte » (littéralement, « Entrelacs vert et bleu dans l’espace bâti »).

Type: Atelier, Programme

Thème: Espace ouvert, Sol, Alimentation, Eau, Air, Communauté 

Année: 2019 – 2021

Initiative: Departement Omgeving 

 

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WORKROOM

Depuis 2010, Architecture Workroom Brussels se consacre à l'avenir de nos territoires. L'organisation a vu le jour comme un tiers-lieu qui plaçait à l'agenda le lien entre l'espace et les transitions sociales et sociétales, afin de soutenir une pratique de conception, une maîtrise d'ouvrage et une culture du bâti adaptées aux défis à venir.

Il est désormais clair que la transformation de nos rues, de nos quartiers et de nos paysages est une condition et un levier pour atteindre les objectifs sociétaux de manière intégrée. Pourtant, on constate que ces transformations restent difficiles à imaginer et à mettre en œuvre. Elles touchent tant de domaines et d'acteurs que la responsabilité incombe à tout le monde - et donc, en fin de compte, à personne.

C'est pourquoi nous choisissons de créer l'espace qui permet de les relier. Et cette mission renouvelée s'accompagne d'un nouveau nom : WORKROOM, Maison de la transformation. WORKROOM est la maison partagée où l'avenir de notre environnement est non seulement imaginé, mais aussi organisé.

Nous prenons aujourd'hui les devants sur trois transformations sociétales:

  • MAISONS DU BIEN COMMUN - D'ici 2030, des acteurs des secteurs de la jeunesse, de la culture, du sport, des soins et de l'enseignement uniront leurs forces pour créer des lieux au service du bien commun, qui s'attaquent structurellement à la solitude, et à la fragmentation et la pression sur les infrastructures publiques.
  • QUARTIERS SANS ÉNERGIES FOSSILES - D'ici 2030, au moins dix quartiers mettront en œuvre la transition d'énergie de manière inclusive et abordable, en vue d'une sortie totale des énergies fossiles d'ici 2040.
  • PAYSAGES-ÉPONGE - D'ici 2030, nous réaliserons les objectifs en matière d'eau, d'agriculture et de nature selon une approche cohérente à l'échelle du bassin versant, au sein de laquelle de solides coalitions territoriales renforceront collectivement la capacité-éponge du paysage.

Afin de réaliser ces transformations, WORKROOM travaille aux côtés des pionnier·e·s parmi les concepteur·trice·s, les pouvoirs publics, les organisations et les entreprises, les administrations, les institutions de connaissance et les investisseurs à impact.

Par la conception co-créative, nous imaginons des chemins d'avenir partagés à travers des expositions, des publications, des trajectoires d'innovation et des programmes publics. Ils forment les 'workrooms' où nous connectons les acteurs qui ont les clefs en main pour concrétiser ces transformations. De là, nous mettons en place les conditions pour une appropriation collective ainsi que les modèles organisationnels, de financement et de gouvernance qui mènent à un changement réel.

Le nom est plus simple. L'engagement plus grand. WORKROOM est la maison partagée où nous portons les transformations socio-spatiales que personne ne peut réaliser seul. En temps de polarisation, de cloisonnement et d'instabilité, c'est peut-être la chose la plus radicale que nous puissions faire.