Le canal Bruxelles-Charleroi constitue depuis longtemps une fracture physique et psychologique qui sépare le centre de Bruxelles des quartiers plus pauvres de l’autre rive : des quartiers densément peuplés avec un taux de chômage élevé, une population jeune et un manque cruel de place pour jouer, faire du sport ou se détendre.

La zone du canal à Bruxelles est un des quartiers urbains les plus densément construits d’Europe occidentale. C’est là qu’arrivent beaucoup de nouveaux venus dans la ville. La croissance démographique y va de pair avec une grande pauvreté et un taux de chômage élevé parmi les jeunes. On y constate un manque criant d’habitat de qualité et d’espaces collectifs : pas de parcs ni de places, d’espaces ouverts ou couverts pour jouer, se détendre et se rencontrer. Des espaces qui donnent de l’oxygène à la ville, mais aussi des espaces de développement de talents, soudent les communautés et créent de l’entrepreneuriat.

Sous la pression croissante exercée sur le marché du logement, les promoteurs immobiliers ont découvert la zone du canal dont les hangars vides et les terrains vagues constituent un véritable trésor de possibilités de construction inexploitées. Seul hic : les lofts et immeubles à appartement vendus à prix d’or ne résolvent pas les problèmes sociaux. La question cruciale est de savoir si les promoteurs ont carte blanche pour ériger des tours d’habitation pour un public choisi, ou si une approche intégrée tenant compte des besoins des habitants actuels est également prévue.

Pour donner une petite impulsion au monde politique, le Festival Kanal Play Ground a révélé par des interventions temporaires tout un potentiel resté longtemps inexploité. 

Le Festival Kanal Play Ground, en étroite collaboration avec des jeunes, des citoyens et des organisations, a étudié comment améliorer la qualité de l’espace public par des interventions spatiales. En 2013, un appel a été lancé pour susciter des propositions, installations et provocations artistiques et architecturales. Parmi les propositions reçues, une dizaine d’interventions – dont le BRIDGE – ont été réalisées et ont créé de l’espace supplémentaire qui n’existait pas avant. Les interventions, qui invitaient à utiliser de manière surprenante des terrains inconnus ou sous-exploités, ont permis de porter un regard différent sur la ville en pleine mutation. 

Le festival a temporairement investi le quai des Péniches à hauteur de l’ancienne imprimerie de La Poste ainsi que le terrain destiné à accueillir le nouveau pont du tram qui reliera la gare du Nord au Heysel. Les grands terrains vagues et les anciens bâtiments industriels de part et d’autre de cette partie du canal sont en pleine transformation. Un nouveau quartier urbain pétillant de vie est en train d’y voir le jour. Les immeubles y poussent comme des champignons – par exemple la tour d’habitation Up-Site et les bureaux de Bruxelles-Environnement et de la Communauté flamande.

Type: Expo, Intervention publique, Atelier

Année : 17-21 septembre 2014


Initiateurs : Platform Kanal, Kaaitheater, Architecture Workroom Brussels

Dans le cadre de la plateforme Atelier de Stad, la chaîne télévisée flamande Canvas a réalisé un documentaire sur la zone du canal de Bruxelles à la suite du Festival Kanal Play Ground : Regardez-le ici
 

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WORKROOM

Depuis 2010, Architecture Workroom Brussels se consacre à l'avenir de nos territoires. L'organisation a vu le jour comme un tiers-lieu qui plaçait à l'agenda le lien entre l'espace et les transitions sociales et sociétales, afin de soutenir une pratique de conception, une maîtrise d'ouvrage et une culture du bâti adaptées aux défis à venir.

Il est désormais clair que la transformation de nos rues, de nos quartiers et de nos paysages est une condition et un levier pour atteindre les objectifs sociétaux de manière intégrée. Pourtant, on constate que ces transformations restent difficiles à imaginer et à mettre en œuvre. Elles touchent tant de domaines et d'acteurs que la responsabilité incombe à tout le monde - et donc, en fin de compte, à personne.

C'est pourquoi nous choisissons de créer l'espace qui permet de les relier. Et cette mission renouvelée s'accompagne d'un nouveau nom : WORKROOM, Maison de la transformation. WORKROOM est la maison partagée où l'avenir de notre environnement est non seulement imaginé, mais aussi organisé.

Nous prenons aujourd'hui les devants sur trois transformations sociétales:

  • MAISONS DU BIEN COMMUN - D'ici 2030, des acteurs des secteurs de la jeunesse, de la culture, du sport, des soins et de l'enseignement uniront leurs forces pour créer des lieux au service du bien commun, qui s'attaquent structurellement à la solitude, et à la fragmentation et la pression sur les infrastructures publiques.
  • QUARTIERS SANS ÉNERGIES FOSSILES - D'ici 2030, au moins dix quartiers mettront en œuvre la transition d'énergie de manière inclusive et abordable, en vue d'une sortie totale des énergies fossiles d'ici 2040.
  • PAYSAGES-ÉPONGE - D'ici 2030, nous réaliserons les objectifs en matière d'eau, d'agriculture et de nature selon une approche cohérente à l'échelle du bassin versant, au sein de laquelle de solides coalitions territoriales renforceront collectivement la capacité-éponge du paysage.

Afin de réaliser ces transformations, WORKROOM travaille aux côtés des pionnier·e·s parmi les concepteur·trice·s, les pouvoirs publics, les organisations et les entreprises, les administrations, les institutions de connaissance et les investisseurs à impact.

Par la conception co-créative, nous imaginons des chemins d'avenir partagés à travers des expositions, des publications, des trajectoires d'innovation et des programmes publics. Ils forment les 'workrooms' où nous connectons les acteurs qui ont les clefs en main pour concrétiser ces transformations. De là, nous mettons en place les conditions pour une appropriation collective ainsi que les modèles organisationnels, de financement et de gouvernance qui mènent à un changement réel.

Le nom est plus simple. L'engagement plus grand. WORKROOM est la maison partagée où nous portons les transformations socio-spatiales que personne ne peut réaliser seul. En temps de polarisation, de cloisonnement et d'instabilité, c'est peut-être la chose la plus radicale que nous puissions faire.