Fin janvier, notre équipe énergétique s'est rendue à Gand pour la quatrième session de design dans le cadre du Living Lab Muide-Meulestede Zéro Fossile. En collaboration avec la Ville de Gand, nous avons réuni tous les partenaires pour faire le point sur les progrès substantiels du projet, établir de nouveaux liens et définir les prochaines étapes. Pour la première fois, plusieurs habitant·es du quartier impliqué·es dans des sous-projets ont participé à une session de design.

Depuis 2023, le Living Lab vise à accélérer la transition de Muide-Meulestede vers un quartier durable, inclusif et sans énergie fossile. Sur la péninsule du port de Gand, un programme de renouvellement urbain est en cours, il y a une forte activité économique locale, et de nombreux partenaires et organisations locales colorent l'environnement. En même temps, Muide-Meulestede est un quartier qui doit faire face à des défis socio-économiques et culturels. Le revenu moyen et la qualité du logement sont faibles, tandis que les mouvements de délocalisation et la diversité culturelle et ethnique sont élevés.

Dans ce contexte, au cours de l’année passée, nous avons travaillé dur sur une approche de la transition énergétique locale et basée sur des modèles de projets d'énergie collective et de chaleur qui peuvent jouer un rôle clé. L'accent est toujours mis sur la réduction des émissions de CO2 grâce à des systèmes énergétiques sans fossiles, sur l'amélioration de la performance énergétique des logements, sur la justice sociale et l'accessibilité financière, ainsi que sur des solutions évolutives.

Ces derniers mois, nous avons travaillé sur deux logiques de quartier : les « projets de chaleur collective » et le « projet de toit solaire pour tout le quartier ». Nous avons discuté avec les habitant·es d'un concept élaboré pour un réseau de micro-chauffage géothermique sous le terrain de football de Standaard Muide. En collaboration avec De Energiecentrale, nous avons visité un certain nombre d'habitations situées à proximité immédiate du terrain de football, afin d'établir une cartographie aussi précise que possible de leur consommation actuelle et de leurs besoins en matière de rénovation. Parallèlement, nous avons cartographié le potentiel et la demande de chaleur pour l'ensemble du quartier, et identifié des « clusters de chaleur » où l'offre et la demande peuvent être mises en adéquation.

En parallèle, nous avons invité des habitant·es engagé·es à réfléchir à la question suivante : comment récolter autant d'énergie solaire que possible dans, par et pour l'ensemble du quartier ? Avec plusieurs groupes de référence (locataires, propriétaires, personnes âgées, personnes en situation d’achat d’urgence, et membres de la communauté turque), nous avons réfléchi à une offre qui leur conviendrait. Nous avons élaboré toutes sortes de modèles, à commencer par l'investissement collectif dans des panneaux solaires sur les grands toits résidentiels. La conclusion ? Compte tenu de la diminution des tarifs de rachat, de la réglementation complexe autour du partage de l'énergie et de l'incertitude des contrats d’achat d’électricité, il n'est pas du tout évident de montrer un dossier intéressant pour un projet de toitures solaires à l’échelle du quartier et à long terme. Mais que se passerait-il si, par exemple, nous pouvions utiliser de manière proactive le tarif social de l'énergie pour financer des investissements dans les énergies renouvelables ? Ces voies alternatives parviennent-elles à créer un modèle inclusif et durable ? Nous sommes en train de compiler ces informations dans un rapport que vous pourrez bientôt consulter.

Le 27 et 28 janvier, une session intensive de deux jours s’est déroulée  à un moment charnière du Living Lab. Alors qu'une nouvelle année nous attend, nous nous sommes réuni·es pour laisser se croiser les idées issues de ces différentes pistes de travail. Après tout, avec notre sac à dos rempli de blocs de construction, nous pouvons maintenant commencer à additionner le solaire, la chaleur et la rénovation en un seul système.  Nous pouvons développer davantage les clusters de chaleur et les traduire dans un plan d’action énergétique de quartier qui propose une solution durable pour tous·tes les habitant·es du quartier. C'est ce que nous continuerons à faire au cours de l'année à venir !

Le Living Lab Muide-Meulestede est une initiative de la Ville de Gand et d'Architecture Workroom. Nous collaborons étroitement avec un consortium de partenaires sociaux, techniques, académiques, politiques et de la société civile : Wattson, SAAMO Gand, Kelvin Solutions, SWECO, Energent, Blixt, Daidalos Peutz, Trividend, Flux50, VITO et l’Université de Gand.

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WORKROOM

Depuis 2010, Architecture Workroom Brussels se consacre à l'avenir de nos territoires. L'organisation a vu le jour comme un tiers-lieu qui plaçait à l'agenda le lien entre l'espace et les transitions sociales et sociétales, afin de soutenir une pratique de conception, une maîtrise d'ouvrage et une culture du bâti adaptées aux défis à venir.

Il est désormais clair que la transformation de nos rues, de nos quartiers et de nos paysages est une condition et un levier pour atteindre les objectifs sociétaux de manière intégrée. Pourtant, on constate que ces transformations restent difficiles à imaginer et à mettre en œuvre. Elles touchent tant de domaines et d'acteurs que la responsabilité incombe à tout le monde - et donc, en fin de compte, à personne.

C'est pourquoi nous choisissons de créer l'espace qui permet de les relier. Et cette mission renouvelée s'accompagne d'un nouveau nom : WORKROOM, Maison de la transformation. WORKROOM est la maison partagée où l'avenir de notre environnement est non seulement imaginé, mais aussi organisé.

Nous prenons aujourd'hui les devants sur trois transformations sociétales:

  • MAISONS DU BIEN COMMUN - D'ici 2030, des acteurs des secteurs de la jeunesse, de la culture, du sport, des soins et de l'enseignement uniront leurs forces pour créer des lieux au service du bien commun, qui s'attaquent structurellement à la solitude, et à la fragmentation et la pression sur les infrastructures publiques.
  • QUARTIERS SANS ÉNERGIES FOSSILES - D'ici 2030, au moins dix quartiers mettront en œuvre la transition d'énergie de manière inclusive et abordable, en vue d'une sortie totale des énergies fossiles d'ici 2040.
  • PAYSAGES-ÉPONGE - D'ici 2030, nous réaliserons les objectifs en matière d'eau, d'agriculture et de nature selon une approche cohérente à l'échelle du bassin versant, au sein de laquelle de solides coalitions territoriales renforceront collectivement la capacité-éponge du paysage.

Afin de réaliser ces transformations, WORKROOM travaille aux côtés des pionnier·e·s parmi les concepteur·trice·s, les pouvoirs publics, les organisations et les entreprises, les administrations, les institutions de connaissance et les investisseurs à impact.

Par la conception co-créative, nous imaginons des chemins d'avenir partagés à travers des expositions, des publications, des trajectoires d'innovation et des programmes publics. Ils forment les 'workrooms' où nous connectons les acteurs qui ont les clefs en main pour concrétiser ces transformations. De là, nous mettons en place les conditions pour une appropriation collective ainsi que les modèles organisationnels, de financement et de gouvernance qui mènent à un changement réel.

Le nom est plus simple. L'engagement plus grand. WORKROOM est la maison partagée où nous portons les transformations socio-spatiales que personne ne peut réaliser seul. En temps de polarisation, de cloisonnement et d'instabilité, c'est peut-être la chose la plus radicale que nous puissions faire.