Au cœur des trois vallées des ruisseaux Broekbeek, Neerpedebeek et Vogelzangbeek, le « Pays de Neerpede » est l’un des derniers espaces ouverts à Bruxelles. Ce poumon vert rural de 450 hectares se trouve à seulement 5 kilomètres de la Grand-Place. Un réseau de sentiers vous entraîne à travers de vastes paysages parsemés de ruisseaux, le long de terrains de sport animés et de charmantes fermes. Pourtant, les espaces ouverts dans cette zone sont actuellement sous pression. Les dispositifs urbains ne parviennent pas à en développer les propriétés rurales. Dans ce contexte, une orientation claire est nécessaire si l’on veut renforcer le rôle du Pays de Neerpede en tant qu’espace ouvert et vert à l’avenir. En collaboration avec Bruxelles Environnement et l’ASBL Rucola, nous œuvrons à la mise en place d’une coalition solide dans la zone afin de faire du Pays de Neerpede un espace ouvert de qualité.

Nos expériences avec des programmes de mise en œuvre tels que Water+Land+Schap et les Parcs Paysagers ont démontré l’énorme potentiel des coalitions locales. Mais comment organiser une telle coalition dans un environnement hautement diversifié, urbain et relativement limité comme le Pays de Neerpede ? C’est le défi que nous nous sommes lancé. Actuellement, de nombreuses organisations sont déjà actives dans la zone, et ce dans des domaines divers et variés tels que l’agriculture, le paysage, la nature, le tourisme, les loisirs et les sports. Cependant, aucune d’entre elles n’a la capacité de répondre aux multiples défis qu’elles rencontrent. Si nous considérons comme évident de consolider les initiatives et les trajets existants, il est tout aussi crucial de créer une entité unique disposant d’une position, de ressources et d’un mandat clairement définis en vue de concrétiser la vision commune des différents acteurs et de relever efficacement les défis auxquels ils sont confrontés.

Dans un premier temps, en nous appuyant sur le modèle d’Atelier In Between et de De Grond der Dingen, nous avons organisé une balade exploratoire, non pas menée par un seul guide, mais par les vingt-neuf personnes participantes. Ces dernières ont partagé à tour de rôle leurs propres visions et rêves pour l’avenir de la zone. Cette promenade a notamment permis aux participants d’identifier les propriétés à préserver et à renforcer, de formuler des opportunités de collaboration dans une perspective gagnant-gagnant, de mieux appréhender les divergences mutuelles et de confirmer la nécessité de créer une entité fédératrice capable de porter une vision commune et de développer des projets collectifs.

Ce besoin se fait également sentir ailleurs. En Belgique comme à l’étranger, de nombreuses organisations, parcs ou coalitions sont confrontés à des défis similaires, comme les parcs paysagers en Flandre ou les parcs régionaux en Wallonie. À Bruxelles, nul besoin de réinventer la roue : nous pouvons nous inspirer de ces exemples en examinant leur contexte, leur histoire, leurs structures financières et organisationnelles, leur mission et leurs actions. Cependant, les approches et les méthodes visant à assurer la protection et le développement du Pays de Neerpede sont multiples. Choisirons-nous de développer un projet ultra ambitieux de réhabilitation de la faune et la flore ou plutôt une zone de loisirs intégrant la nature ? Dans le cadre de cette réflexion, nous présentons quatre scénarios radicaux, motivés par différents facteurs contextuels. L’enjeu n’est pas de faire un choix exclusif : les scénarios sont là pour nous aider à évaluer si la mission, la gouvernance, le financement, les actions et la continuité du projet resteront viables en toutes circonstances. Une vision commune et un slogan se dégagent déjà : « Le Pays de Neerpede Nourricier, pour la nature, le corps et l’esprit ».

Les différentes étapes du projet ont mené à l’élaboration d’une note de réflexion commune prenant ce slogan comme point de départ, et qui se prononce sur la vision à long terme, les défis qui se présentent sur le terrain et les conditions préalables essentielles à la réussite de cette entité. Plusieurs organisations actives dans la zone ont également confirmé explicitement leur engagement à l’égard de cette note de réflexion dans une lettre d’intention. 

 

La note de réflexion fournit le terreau nécessaire à la création d’une entité unique en vue de soutenir le développement du Pays de Neerpede, mais il s’agit avant tout d’un projet qui se concrétise progressivement via des actions sur le terrain. Par exemple, nous soutenons d’ores et déjà la coalition locale dans la mise en place d’actionsno regret telles que les Boer(koz)enfeesten dans les trois vallées ou une recherche-action autour des sources et des voies lentes à découvrir dans la zone. Nous soutenons cette série d’actions en leur offrant un trajet stratégique, avec pour objectif de constituer une coalition régionale indépendante pour faire du Pays de Neerpede une terre nourricière. 

PÉRIODE : 2022-2024 

INITIATEURS : Bruxelles Environnement

PARTNENAIRES : Rucola ASBL

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WORKROOM

Depuis 2010, Architecture Workroom Brussels se consacre à l'avenir de nos territoires. L'organisation a vu le jour comme un tiers-lieu qui plaçait à l'agenda le lien entre l'espace et les transitions sociales et sociétales, afin de soutenir une pratique de conception, une maîtrise d'ouvrage et une culture du bâti adaptées aux défis à venir.

Il est désormais clair que la transformation de nos rues, de nos quartiers et de nos paysages est une condition et un levier pour atteindre les objectifs sociétaux de manière intégrée. Pourtant, on constate que ces transformations restent difficiles à imaginer et à mettre en œuvre. Elles touchent tant de domaines et d'acteurs que la responsabilité incombe à tout le monde - et donc, en fin de compte, à personne.

C'est pourquoi nous choisissons de créer l'espace qui permet de les relier. Et cette mission renouvelée s'accompagne d'un nouveau nom : WORKROOM, Maison de la transformation. WORKROOM est la maison partagée où l'avenir de notre environnement est non seulement imaginé, mais aussi organisé.

Nous prenons aujourd'hui les devants sur trois transformations sociétales:

  • MAISONS DU BIEN COMMUN - D'ici 2030, des acteurs des secteurs de la jeunesse, de la culture, du sport, des soins et de l'enseignement uniront leurs forces pour créer des lieux au service du bien commun, qui s'attaquent structurellement à la solitude, et à la fragmentation et la pression sur les infrastructures publiques.
  • QUARTIERS SANS ÉNERGIES FOSSILES - D'ici 2030, au moins dix quartiers mettront en œuvre la transition d'énergie de manière inclusive et abordable, en vue d'une sortie totale des énergies fossiles d'ici 2040.
  • PAYSAGES-ÉPONGE - D'ici 2030, nous réaliserons les objectifs en matière d'eau, d'agriculture et de nature selon une approche cohérente à l'échelle du bassin versant, au sein de laquelle de solides coalitions territoriales renforceront collectivement la capacité-éponge du paysage.

Afin de réaliser ces transformations, WORKROOM travaille aux côtés des pionnier·e·s parmi les concepteur·trice·s, les pouvoirs publics, les organisations et les entreprises, les administrations, les institutions de connaissance et les investisseurs à impact.

Par la conception co-créative, nous imaginons des chemins d'avenir partagés à travers des expositions, des publications, des trajectoires d'innovation et des programmes publics. Ils forment les 'workrooms' où nous connectons les acteurs qui ont les clefs en main pour concrétiser ces transformations. De là, nous mettons en place les conditions pour une appropriation collective ainsi que les modèles organisationnels, de financement et de gouvernance qui mènent à un changement réel.

Le nom est plus simple. L'engagement plus grand. WORKROOM est la maison partagée où nous portons les transformations socio-spatiales que personne ne peut réaliser seul. En temps de polarisation, de cloisonnement et d'instabilité, c'est peut-être la chose la plus radicale que nous puissions faire.