La Ville de Gand ambitionne de réaliser un projet de nouvelle construction sur le site du Baudelo en vue de créer un programme mixte pour toute une diversité d’utilisateurs. Il s’agit de concevoir un ensemble d’infrastructures de soins et d’aide sociale, combiné avec des espaces destinés aux enfants et aux jeunes. Mais avant de procéder à l’élaboration de la définition du projet dans le cadre d’un concours d’architecture, la Ville de Gand a décidé de réaliser une étude socio-spatiale afin de déterminer quelles organisations sont compatibles ou non avec le nouveau bâtiment et de quelle manière, comment la conception doit s’y adapter, quelles sont les possibilités d’utilisation partagée, comment le projet doit se situer par rapport au quartier et comment une organisation collective peut être mise en place.

Un certain nombre de questions sociales et spatiales complexes ont été soulevées dans le cadre des décisions relatives au projet de nouvelle construction sur le site du Baudelo. Les organisations ont notamment exprimé leur préoccupation à l’égard des éventuels « problèmes sociétaux et liés au bien-être » qui pourraient survenir en réunissant non seulement des enfants et des jeunes, mais aussi des groupes vulnérables tels que les personnes sans-abri et sans domicile, ou encore celles présentant des problèmes d’addiction ou des troubles psychologiques. Le Parc Baudelo est également un lieu de rencontre attrayant à Gand, quotidiennement traversé par les jeunes et les moins jeunes, les résidents et les passants. En raison du futur réaménagement du parc, le quartier craint que son attrait ne s’accroisse considérablement, entraînant ainsi une augmentation de la pression exercée sur lui. Il est donc primordial de réfléchir consciencieusement à la manière dont le projet peut s’intégrer dans le quartier. Quelques questions épineuses se posent également au niveau spatial. Le nouveau bâtiment prévu sera réalisé sur l’empreinte du bâtiment actuel. Cependant, les premières études de volume indicatives montrent que le programme des besoins des futures organisations, sur un plan purement spatial, dépasse légèrement le volume maximal du bâtiment.

L’étude socio-spatiale visant à développer une approche pour répondre à ces défis a été réalisée par l’équipe d’Architecture Workroom Brussels — UGent, département du travail social et de la pédagogie sociale, assistée par les architectes Marleen Goethals (université d’Anvers) et Paul Vermeulen (architectes De Smet Vermeulen).

Outre une enquête approfondie réalisée auprès des utilisateurs concernés par le biais d’interviews, l’équipe de recherche s’est également penchée sur le processus de négociation entre les utilisateurs, le quartier et les acteurs urbains en organisant des groupes de discussion et des ateliers au sein de la Stadsacademie. L’ensemble des idées ainsi générées s’est traduit en une transposition spatiale et un modèle organisationnel potentiel. Mais cette recherche socio-spatiale ne se contente pas de présenter les avantages et apprentissages de ce parcours co-créatif dans le cadre du projet Baudelo. Par extension, elle montre également les possibilités de recalibrage des voies de développement des futurs bâtiments de la ville, afin d’aboutir à des projets publics qui fonctionnent réellement : par, pour et avec les Gantois.

 

ANALYSE DE LA SPÉCIFICITÉ DU SITE 

Le rapport d’étude contient une contextualisation de la riche histoire du site, ainsi qu’une analyse socio-spatiale de sa spécificité actuelle et de son ancrage dans le centre-ville de Gand. Parmi les éléments qui ont fait l’objet des différentes discussions, on retrouve le caractère du site et de son environnement au sens large en tant que quartier résidentiel, les aspects relatifs à la mobilité, les espaces verts à proximité ainsi que l’importance du développement urbain actuel.

 

DÉCLARATION COLLECTIVE SUR LA VISION ET L’AMBITION

Grâce au soutien de l’ensemble des organisations et d’une représentation (actuellement limitée) du quartier, la façon dont les interactions positives (tant en termes de fonctionnement que d’utilisation partagée de l’espace) contribuent à la réalisation d’un projet qui est plus que la somme de ses parties sera mise en évidence. La déclaration sur la vision et l’ambition contient six grandes lignes en vue du développement durable d’une culture et d’une structure organisationnelles :

I.          Baudelo est radicalement inclusif.

II.         Baudelo cultive son caractère hétérotopique.

III.        Baudelo est enraciné dans le quartier.

IV.        Baudelo joue un rôle de relais.

V.         Baudelo met l’innovation en pratique.

VI.        Baudelo se caractérise par l'accent mis sur l’ environnement quotidien.

 

TRADUCTION SPATIALE DES AMBITIONS ET DES BESOINS INDIVIDUELS ET COLLECTIFS

En utilisant l’espace disponible de manière intelligente, créative et efficace, le nombre de mètres carrés disponibles pour la construction peut être exploité de façon optimale, tout en prévoyant potentiellement de l’espace pour un dépassement éventuel, ou de l’espace qui n’a pas encore été préprogrammé et qui offre ainsi une marge de manœuvre pour l’inattendu. Cela stimule l’enrichissement réciproque, l’échange et la rencontre entre les différentes organisations et les individus.

En outre, les ateliers organisés en présence de toutes les organisations ont abouti à cinq principes directeurs liés à la conception, qui peuvent servir de cadre à l’élaboration de la définition du projet :

I.          Un espace pour le quartier ;

II.         Une maison avec plusieurs portes d’entrée ;

III.        Une ruine intelligente ;

IV.        Des espaces hybrides ;

V.         Une qualité d’utilisation et de vie.

 

UNE GESTION COLLECTIVE ET SAINE

La conception et l’aménagement de l’espace et sa gestion sont inextricablement liés. Le rapport aborde trois aspects d’un modèle organisationnel dynamique qui rend possible une gestion collective et saine, à savoir le programme de fond, l’interaction et la compréhension saines avec le quartier, et, enfin, la gestion quotidienne. Ensuite, les graines ainsi semées et les compétences existantes sont cartographiées afin de mettre en avant les principes tangibles de la structure organisationnelle proposée, dans laquelle des rôles concrets sont formulés. La gestion saine concerne donc une fois de plus des questions qui dépassent la gestion strictement technique ou fonctionnelle d’un bâtiment : un site repose sur ou coïncide avec une gestion saine, entamée de préférence avant la livraison du bâtiment.

Type: Etude de conception

Période: 2019

Partie contractante: Ville de Gand, service de rénovation urbaine

Partenaires: Université de Gand - Département de travail social et de pédagogie sociale

 

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WORKROOM

Depuis 2010, Architecture Workroom Brussels se consacre à l'avenir de nos territoires. L'organisation a vu le jour comme un tiers-lieu qui plaçait à l'agenda le lien entre l'espace et les transitions sociales et sociétales, afin de soutenir une pratique de conception, une maîtrise d'ouvrage et une culture du bâti adaptées aux défis à venir.

Il est désormais clair que la transformation de nos rues, de nos quartiers et de nos paysages est une condition et un levier pour atteindre les objectifs sociétaux de manière intégrée. Pourtant, on constate que ces transformations restent difficiles à imaginer et à mettre en œuvre. Elles touchent tant de domaines et d'acteurs que la responsabilité incombe à tout le monde - et donc, en fin de compte, à personne.

C'est pourquoi nous choisissons de créer l'espace qui permet de les relier. Et cette mission renouvelée s'accompagne d'un nouveau nom : WORKROOM, Maison de la transformation. WORKROOM est la maison partagée où l'avenir de notre environnement est non seulement imaginé, mais aussi organisé.

Nous prenons aujourd'hui les devants sur trois transformations sociétales:

  • MAISONS DU BIEN COMMUN - D'ici 2030, des acteurs des secteurs de la jeunesse, de la culture, du sport, des soins et de l'enseignement uniront leurs forces pour créer des lieux au service du bien commun, qui s'attaquent structurellement à la solitude, et à la fragmentation et la pression sur les infrastructures publiques.
  • QUARTIERS SANS ÉNERGIES FOSSILES - D'ici 2030, au moins dix quartiers mettront en œuvre la transition d'énergie de manière inclusive et abordable, en vue d'une sortie totale des énergies fossiles d'ici 2040.
  • PAYSAGES-ÉPONGE - D'ici 2030, nous réaliserons les objectifs en matière d'eau, d'agriculture et de nature selon une approche cohérente à l'échelle du bassin versant, au sein de laquelle de solides coalitions territoriales renforceront collectivement la capacité-éponge du paysage.

Afin de réaliser ces transformations, WORKROOM travaille aux côtés des pionnier·e·s parmi les concepteur·trice·s, les pouvoirs publics, les organisations et les entreprises, les administrations, les institutions de connaissance et les investisseurs à impact.

Par la conception co-créative, nous imaginons des chemins d'avenir partagés à travers des expositions, des publications, des trajectoires d'innovation et des programmes publics. Ils forment les 'workrooms' où nous connectons les acteurs qui ont les clefs en main pour concrétiser ces transformations. De là, nous mettons en place les conditions pour une appropriation collective ainsi que les modèles organisationnels, de financement et de gouvernance qui mènent à un changement réel.

Le nom est plus simple. L'engagement plus grand. WORKROOM est la maison partagée où nous portons les transformations socio-spatiales que personne ne peut réaliser seul. En temps de polarisation, de cloisonnement et d'instabilité, c'est peut-être la chose la plus radicale que nous puissions faire.