© Bob Van Mol

Partout, les maisons de quartier, les églises, les écoles et autres équipements collectifs font face à un vaste programme de rénovation. Parallèlement, dans une société de plus en plus diversifiée, la demande en lieux de rencontre, où différents groupes et programmes se côtoient, ne cesse de croître. Réinventer notre patrimoine public en tant qu’équipements partagés pour des fonctions et des communautés multiples est donc une évidence, mais cela pose également un défi aux organisations, aux administrations locales et aux décideurs politiques : qui assumera le rôle de liaison et de coordination ? Sans une nouvelle approche qui mobilise les biens immobiliers disponibles autour des besoins et des dynamiques existants, la vague de transformation nécessaire ne se produira pas.

 

La conception d'une telle nouvelle méthodologie pour des lieux communautaires multifonctionnels et interdisciplinaires nécessite un environnement propice à la co-création. La composition variée des autorités locales, des organisations pionnières, des experts, de la société civile et des organisations de centres de soutien présents lors de la séance de clôture de l’Environnement d’apprentissage pour les infrastructures sociales a donc constitué un excellent contexte pour y travailler. Sur la base de la publication Negen sleutels voor toekomsgerichte maatschappelijke infrastructuur  « Neuf clés pour des infrastructures sociétales de demain », nous avons fait le point sur les enseignements tirés du processus, structurés en un cadre de neuf chapitres comprenant des dizaines d’éléments constitutifs, et nous explorons la voie vers un cadre formel et de nouveaux partenariats. 

 

Le fait que l’infrastructure sociale soit une histoire de briques et de personnes ressort une fois de plus clairement des messages qui se sont dégagés de la table ronde et des ateliers : nous devons conserver autant que possible des positions foncières stratégiques tout en osant investir massivement dans le travail humain qui fait de l’usage partagé de l’espace non seulement une nécessité, mais aussi une valeur ajoutée. Enfin, l’importance de l’usage partagé de l’espace, d’autant plus dans le contexte bruxellois, a également été soulignée par la ministre de Bruxelles et des Médias, Cieltje Van Achter, dans sa réflexion finale.

 

Après une année d’apprentissage, un cadre pour une nouvelle approche est en place ; il faut désormais une action collective pour mettre en place un cadre favorable à une pratique florissante en matière d’infrastructures sociales tournées vers l’avenir !

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WORKROOM

Depuis 2010, Architecture Workroom Brussels se consacre à l'avenir de nos territoires. L'organisation a vu le jour comme un tiers-lieu qui plaçait à l'agenda le lien entre l'espace et les transitions sociales et sociétales, afin de soutenir une pratique de conception, une maîtrise d'ouvrage et une culture du bâti adaptées aux défis à venir.

Il est désormais clair que la transformation de nos rues, de nos quartiers et de nos paysages est une condition et un levier pour atteindre les objectifs sociétaux de manière intégrée. Pourtant, on constate que ces transformations restent difficiles à imaginer et à mettre en œuvre. Elles touchent tant de domaines et d'acteurs que la responsabilité incombe à tout le monde - et donc, en fin de compte, à personne.

C'est pourquoi nous choisissons de créer l'espace qui permet de les relier. Et cette mission renouvelée s'accompagne d'un nouveau nom : WORKROOM, Maison de la transformation. WORKROOM est la maison partagée où l'avenir de notre environnement est non seulement imaginé, mais aussi organisé.

Nous prenons aujourd'hui les devants sur trois transformations sociétales:

  • MAISONS DU BIEN COMMUN - D'ici 2030, des acteurs des secteurs de la jeunesse, de la culture, du sport, des soins et de l'enseignement uniront leurs forces pour créer des lieux au service du bien commun, qui s'attaquent structurellement à la solitude, et à la fragmentation et la pression sur les infrastructures publiques.
  • QUARTIERS SANS ÉNERGIES FOSSILES - D'ici 2030, au moins dix quartiers mettront en œuvre la transition d'énergie de manière inclusive et abordable, en vue d'une sortie totale des énergies fossiles d'ici 2040.
  • PAYSAGES-ÉPONGE - D'ici 2030, nous réaliserons les objectifs en matière d'eau, d'agriculture et de nature selon une approche cohérente à l'échelle du bassin versant, au sein de laquelle de solides coalitions territoriales renforceront collectivement la capacité-éponge du paysage.

Afin de réaliser ces transformations, WORKROOM travaille aux côtés des pionnier·e·s parmi les concepteur·trice·s, les pouvoirs publics, les organisations et les entreprises, les administrations, les institutions de connaissance et les investisseurs à impact.

Par la conception co-créative, nous imaginons des chemins d'avenir partagés à travers des expositions, des publications, des trajectoires d'innovation et des programmes publics. Ils forment les 'workrooms' où nous connectons les acteurs qui ont les clefs en main pour concrétiser ces transformations. De là, nous mettons en place les conditions pour une appropriation collective ainsi que les modèles organisationnels, de financement et de gouvernance qui mènent à un changement réel.

Le nom est plus simple. L'engagement plus grand. WORKROOM est la maison partagée où nous portons les transformations socio-spatiales que personne ne peut réaliser seul. En temps de polarisation, de cloisonnement et d'instabilité, c'est peut-être la chose la plus radicale que nous puissions faire.